IXèmes
Championnats du monde

Belgrade 2007

   

Récit d'Hubert Lachize
Photos : Hubert Lachize et Frédéric Blanchard.


Pour 2007, les championnats du monde de pêche de la carpe avaient été programmés en Serbie.

Le lac choisi est une base de loisir nautique en périphérie de Belgrade, à une vingtaine de minutes du centre ville. On peut difficilement se plaindre du plan d’eau sur le plan de la pêche, puisque le cheptel semblait de bonne facture par des empoissonnements faits il y a 40 ans.

Empoissonnement reconduit cette année, avec prés de 11 tonnes de carpes d’un poids de 2 à 4 kilos. De très gros poissons ont été pris dans ce lac, d’ailleurs un à eue la bonne idée de se montrer pendant la compétition. Avec un linéaire de plus de 4 Km, il semblait apparemment facile de placer les trois secteurs de manière à privilégier la qualité de la pêche !

Ce ne fut pas le cas, à cause d’un manque de surveillance de l’instance qui régit les compétitions internationales. D’ailleurs aucun représentant de cette instance n’a denier faire le déplacement pendant la compétition, laissant les organisateurs libres de leur choix, et surtout laissant la totalité des participants sans aucun recours, à chaque fois que le règlement n’a pas été respecté.

Je vais arrêter là cette mise au point pour ne pas mettre le GN Carpe en porte-à-faux vis-à-vis de cette instance, mais j’aurais l’occasion de faire une mise au point plus poussée et beaucoup moins gentille dans une des revues auxquelles je participe.


       


La majorité des compétiteurs sont arrivés le mardi 25 pour prendre quelques repères sur le plan d’eau et ainsi faire monter la pression, de manière à être prêt mentalement au coup de sifflet. L’équipe de France est partie de France le dimanche 23 au soir, avec un minibus pour les pêcheurs et un camion pour le matériel, seul deux compétiteurs pour des raisons, l’une professionnelle et l’autre familiale (naissance du premier enfant), ont fait le voyage le mercredi en avion. Je vais préciser pour éviter toute polémique stérile, qu’ils ont prit ce voyage en avion à leur charge. Pour les autres, le passage des frontières slovènes, croate et serbe avec les véhicules a été plus ou moins facile.

         

   

   

Le mercredi 26, Fred (Frédéric Blanchard, équipe remplaçante) est venu nous chercher à l’aéroport de Belgrade pendant que le manager (Jean Marie) s’occupait des accréditations des compétiteurs français, du staff et des accompagnants. Nous sommes arrivés juste à temps pour finaliser nos accréditations afin de pouvoir se déplacer librement pendant la compétition.

   

Une réunion à eue lieu entre les organisateurs d’une part et les capitaines et managers de chaque nations d’autre part. La présentation des grandes lignes du déroulement de la compétition à été faite, en langue locale, relayer par des interprètes français et anglais mis a disposition pour permettre à tout le monde de comprendre. Puis chaque nation à signalé les divers manquements au règlement que chacune avait relevé lors de leur tour du site de pêche.
Là, croyez moi c’est du sport, quand tout s’emballe que chacun veux faire valoir sont droit, ce n’est pas moins d’une douzaine de langues - du russe au portugais, en passant par le bulgare, l’italien, etc - qui se mélange pour former un brouhaha énorme. Quand un accord est trouvé, un vote a lieu, normalement à la majorité…………….et bien non, ici c’est la minorité qui l’emporte. Etonnant, mais vrai ! Qui a dis que toutes les minorités étaient opprimées, et n’avait pas le droit à la parole ? Encore le manque de surveillance des règlements par qui de droits (oui, j’en remet une couche, parce ce que c’est inadmissible).
Vient ensuite le tirage de l’ordre des nations, la France est douzième. Cela veut dire que la France tirera les places et secteurs en douzième position, ni bon, ni mauvais puisque c’est un tirage intégral sur le secteur A, qui défini automatiquement les places sur les secteurs B et C selon une grille prédéfinie. Cette grille se veut équitable, et évite le choix de trois bonnes, ou de trois mauvaises places. Tirage au sort des secteurs et places. La France à tiré une aile, le poste 1 dans le secteur C, les deux autres place sont en milieu des secteur A et B, respectivement la 7 et la 12.

Le jeudi 27 à 11 heures, tous les compétiteurs s’installent dans leur ring, enfin sauf les anglais arrivés aussi par avion et qui ont apparemment un léger souci avec leur matériel qui semble en retard de livraison sur site, ce que les organisateurs déplorent en déclinant toutes responsabilités. Tout fini par rentrer dans l’ordre, et à 13 heures, c’est le début des 9ème championnat du monde de pêche à la carpe. Toutes les stratégies sont utilisées par les compétiteurs, et au bout de quelques heures, certaines nations commencent à prendre les premiers poissons.
 

La France en fait partie sur le secteur A, puisque Eric et Julien piquent leur première carpe de 3,55 Kg, pas moins de 30 minutes après le début de la compétition. Puis un deuxième départ dans la demi-heure suivante, mais le poisson se plante dans les gigantesques bandes d’herbiers qui longent la cassure à une trentaine de mètres de la berge, et c’est la casse. Ils décrocheront un autre poisson dans les mêmes conditions avant la tombée de la nuit. Deux poissons de perdus, mais le moral est bon. Durant la nuit, ils prendront deux autres carpes, en décrocheront une. Au bout de 24 heures de pêche, ils sont troisième de leur secteur avec 10,2 Kg, devancé uniquement par les deux postes d’aile, les roumains au poste 1 et les moldaves au poste 17)

Pendant ce temps sur le secteur C, Pascal et Gilbert ne sont pas en reste. A 15 heures, ils enregistrent leur premier départ. Une fois à l’épuisette, cette prise de 10,2 Kg, restera le plus gros poisson comptabilisé (je vous expliquerais plus tard pourquoi, je précise comptabilisé !). Ils enregistreront quatre autres départs durant l’après-midi, puis quatre autres pendant la nuit, mais seulement cinq des huit carpes finiront dans l’épuisette. Au bout de 24 heures de pêche, ils sont cinquièmes avec 29 Kg. Mais le secteur est le plus productif de la compétition, puisque les cinq premiers de ce secteur totalisent déjà 167 Kg. De plus, Pascal et Gilbert ne sont qu’à 350 grammes du troisième. Sur ce secteur le trio de tête est : Serbie, Lettonie, Bosnie.

Sur le secteur B, Alain et Serge n’ont aucun départ, mais point d’inquiétude puisque le secteur semble le plus difficile des trois. Au bout de 24 heures de pêche, seuls les anglais sont loin devant avec près de 60 Kg, suivi de l’Afrique du Sud et de l’Autriche, pour le reste du secteur cela se joue à un ou deux poissons.

Les secondes 24 heures seront beaucoup plus difficile pour l’équipe de France, puisque seule l’équipe du secteur C (Pascal et Gilbert) prendra du poisson. Malgré leur effort pour se maintenir et une continuité dans les prises, ils n’éviteront pas la descente au classement du secteur. Au bout de 48 heures de pêche ils se retrouvent du 9ème du secteur, avec 59 Kg.

Sur le secteur A, Eric et Julien descendent à la 10ème place. Les deux postes d’aile, Roumanie et Moldavie, accroissent leur avance avec respectivement 100 et 75 Kg. L’Ukraine vient compléter le podium provisoire de ce secteur.

Sur le secteur B, Alain et Serge commencent à se sentir seuls, puisque aucune carpe ne pointe à l’horizon, et que le nombre de capot sur leur secteur s’amenuise. Sur le secteur B, l’Angleterre tient toujours la tête avec près de 100 Kg, suivis par la Bulgarie et le Portugal.

Sur le secteur B, Alain et Serge commencent à se sentir seuls, puisque aucune carpe ne pointe à l’horizon, et que le nombre de capot sur leur secteur s’amenuise. Sur le secteur B, l’Angleterre tient toujours la tête avec près de 100 Kg, suivis par la Bulgarie et le Portugal.

Dans les dernières 24 heures, l’équipe de France chute encore au classement. Pascal et Gilbert, arrive à gagner une place au classement du secteur C, en finissant 8ème. Sur le secteur A, Eric et Julien reprennent quelques poissons. Leur classement final sera la 13ème place du secteur. C’est l’incompréhension sur le secteur B, puisque Alain et Serge finissent seuls capots de la compétition.

Diaporama de la compétition

Au final, la Croatie fait encore un doublé, en étant champion du monde en individuel et par équipe. C’est le deuxième doublé de la Croatie avec celui obtenu quelques années auparavant au Portugal. En individuel, les Roumains sont vice champion du monde et les Bulgares montent sur la dernière marche du podium. Par équipe, la Roumanie est encore vice champion du monde et l’Angleterre complète le podium.

       


Bravo aux vainqueurs, mais aussi à tous les participants sans exception. Merci à tous, toutes nationalité confondue pour leur disponibilité lorsque je leur tirais le portrait, et ce plusieurs fois par jour ! Grâce à cela j’ai pu faire près de 1500 photos.

Comme note personnelle à tout cela, je voudrais réaffirmer mon soutien à cette équipe de France qui malgré ces résultats que certains qualifieront de désastreux, a été exemplaire. Ce sont des pêcheurs de grandes qualités, avec pour chacun des domaines de prédilections, ce qui normalement est complémentaire. Je voudrais donner deux mentions spéciales, qui n’engagent que moi (mais comme la plupart d’entre vous n’étaient pas présent à Belgrade, difficile de me contredire !). La première à Pascal Lemeunier, qui m’a fait véritablement halluciner, quand à la distance et à la qualité de ces lancers. Pour l’instant, je n’ai jamais vu lancer quelqu’un aussi loin (en pêche, avec montage et appât). 150 mètres, beaucoup en parle, mais peu y arrive ; lui c’est bien plus loin, et ce n’est pas un rêve ! La deuxième mention est au binôme de l’équipe réserve – Frédéric Blanchard et David Hamelin – pour leur disponibilité sans faille vis-à-vis des équipes en compétition. Mais aussi pour leur bonne humeur, constante et communicative (Franchement les mecs, je me suis bien marrer avec vous !) ; ce qui a permit à tous de garder le moral au beau fixe – Merci, et à vous de défendre nos couleurs l’année prochaine.

Au fait, j’allais oublier un truc ! La fameuse histoire d’un poisson énorme non homologué, pris pendant la compétition par l’équipe roumaine sur le secteur B, qui au final ne comptera que pour le coup de ligne. Un amour marbré de plus de 30 Kg ; on ne saura jamais le poids exact, puisque c’est la limite des pesons électronique utilisés pendant la compétition. Seul l’amour blanc et la carpe sont comptabilisables. Voici la bête !